Propassif : actualités formation et labellisation bâtiments passifs

27 février 2026

La Fleuriaye

En février, quand le froid s’installe, les bâtiments passifs révèlent toute leur performance


L'Édito, 
En février, quand le froid s’installe, les bâtiments passifs révèlent toute leur performance. Grâce aux standards développés par le Passivhaus Institut, ils garantissent confort, chaleur constante et très faible consommation d’énergie. Une solution durable, idéale au cœur de l’hiver.

Logiciel PHPP version 10

Le Passive House Planning Package (PHPP) est un outil de conception et de calcul énergétique basé sur Microsoft® Excel®, destiné à la planification de bâtiments très performants sur le plan énergétique, aussi bien en construction neuve qu’en rénovation lourde.

Il permet de réaliser l’ensemble des calculs et vérifications nécessaires de manière claire, structurée et fiable. Utilisé par des milliers d’architectes, bureaux d’études et concepteurs à travers le monde, le PHPP est reconnu pour la précision et la cohérence de ses résultats.

 
La version 10 intègre plusieurs nouvelles fonctionnalités ainsi que des améliorations et extensions des outils existants.

-Contenu : logiciel PHPP (format Excel .xlsx / .xlsm) + manuel en ligne

 -Licence : licence monoposte (utilisateur unique)

-Compatibilité : Windows + Excel 2013 ou supérieur

                          Mac + Excel 2016 ou supérieur

Utilisable sous LibreOffice (fonctionnalités macro limitées)

Après achat, une clé d’enregistrement est fournie afin d’accéder au téléchargement du logiciel, au manuel en ligne ainsi qu’aux mises à jour (outil, données climatiques et composants).

Nous commercialisons actuellement le PHPP en version anglaise uniquement, dans l’attente de la disponibilité de la version française.


Stretford Passivhaus : une rénovation spectaculaire pour un confort durable

La maison jumelée typique des années 1930 à Manchester a été complètement transformée grâce à la rénovation Stretford Passivhaus retrofit (EnerPHit), présentée dans l’émission Maison sans factures de Channel 4 le 9 février dernier. 

Ce projet ambitieux a réduit la demande de chauffage d’environ 90 %, grâce à un ensemble de mesures techniques : isolation interne et externe des murs, triple vitrage haute performance, étanchéité à l’air renforcée et extension arrière.

Au-delà de l’efficacité énergétique, le design a été repensé pour offrir lumière et confort : plafond voûté avec chevrons en chêne, revêtement bois et briques blanches, toit métallique contemporain, et un espace flexible permettant la vie au rez-de-chaussée. 

L’objectif des propriétaires était de créer une “maison pour toujours”, confortable, saine et adaptée à leurs besoins futurs.

Le projet a été mené par Progress in Practice et Myzsa Group, avec un suivi précis de la construction pour atteindre les standards EnerPHit. Cette rénovation illustre parfaitement comment conjuguer performance énergétique, design contemporain et qualité de vie, tout en restant fidèle à l’existant.

Retrouvez l'article complet ici : https://www.passivhaustrust.org.uk/news/detail/?nId=1507

La Fleuriaye : une performance passive qui s’inscrit dans le temps

Situé à Carquefou, à l’est de Nantes, le quartier de La Fleuriaye s’est imposé au fil des années comme l’un des pôles urbains majeurs de Loire-Atlantique et l’un des plus grands quartiers passifs d’Europe. Plus qu’un simple programme immobilier, il incarne une vision : celle d’un développement urbain équilibré, attentif à son environnement et tourné vers l’avenir.

Pensé comme un véritable écoquartier, La Fleuriaye associe logements, activités économiques et espaces paysagers de grande qualité. À deux pas de l’Erdre, le site bénéficie d’un cadre naturel remarquable qui façonne son identité et contribue fortement à son attractivité.

Ce qui caractérise le quartier :

• Une réelle mixité d’habitat, entre logements collectifs, maisons individuelles et accession sociale ;

• Une présence marquée d’espaces verts et de continuités paysagères ;

• Une exigence forte en matière de performance énergétique et environnementale.

Au fil du temps, La Fleuriaye est devenue une référence locale en matière de développement urbain maîtrisé, conciliant attractivité résidentielle, dynamisme économique et ambition environnementale. La qualité architecturale des programmes, associée à des standards élevés d’efficacité énergétique, renforce ce positionnement.

C’est dans ce cadre structurant qu’a pris place l’opération menée pour Aiguillon Construction/Arcade-VYV : arcade vyv est le nouveau nom crée en 2023 de la partie « promotion » d’Aiguillon construction.

Focus sur l’opération Aiguillon/Arcade-VYV

Dans le cadre du développement de La Fleuriaye à Carquefou, Mathieu Bigot directeur d’Ouest Atlantique Energies (voir son portrait) s’est fortement impliqué sur une partie significative de la promotion portée par Aiguillon Construction/Arcade-VYV : les équipements.

L’opération comprend 6 bâtiments collectifs et 10 maisons individuelles accolées, formant un ensemble cohérent conçu selon les exigences du standard passif.

Réalisé en partenariat entre Energélio (conception) et Pouget Consultants (réalisation), le projet a été conçu dès l’origine dans une logique de très haute performance énergétique, intégrant les principes de sobriété, d’efficacité et d’exigence constructive à chaque étape.

Labellisée par Propassif, l’opération a obtenu sa certification en 2025, soit près de dix ans après l’achèvement des travaux en 2016 — une reconnaissance qui vient consacrer la solidité des choix techniques et la performance durable du projet, mais reste très long pour un projet même d’ampleur. Cela est dû à de nombreux facteurs mal identifiés à l’époque et qui n’ont plus court aujourd’hui : l’objectif de la labellisation est que les plaques soient posées en fin de chantier à la remise des clés. 

Le projet met en œuvre des solutions techniques fonctionnelles : menuiseries à triple vitrage, parois à faible transmission thermique et niveau d’étanchéité à l’air élevé.

La performance d’étanchéité à l’air constitue l’un des points forts de l’opération (et l’une de ses difficultés), confirmée par un test d’infiltrométrie affichant un n50 de 0,6 vol/h, niveau particulièrement exigeant qui témoigne de la qualité de mise en œuvre.

Cette opération illustre ainsi la capacité des équipes à accompagner des projets ambitieux sur le long terme et à atteindre un niveau de performance reconnu par la certification Passivhaus.

Au-delà des chiffres et des labels, cette opération démontre qu’il est possible de concilier performance énergétique élevée et confort d’usage, dans une logique opérationnelle maîtrisée.

Elle s’inscrit pleinement dans l’ambition environnementale portée par l’écoquartier de La Fleuriaye. Pensé comme un modèle de développement urbain durable, le quartier vise à associer qualité architecturale, mixité d’habitat et sobriété énergétique.

En atteignant le niveau Passivhaus Classique, le projet contribue concrètement à cette dynamique et renforce le positionnement de La Fleuriaye comme référence locale en matière d’habitat durable et de transition environnementale.

https://www.propassif.fr/labellisation/les-projets/

https://passivehouse-database.org/index.php?lang=de#d_8072


Le portrait du mois
Aujourd'hui, c'est Mathieu BIGOT qui répond à nos questions.

Présentez-nous votre entreprise et votre parcours professionnel. 

Je suis directeur de Ouest Atlantique Energies, filiale nantaise du groupe Midi Atlantique, et associé du groupe. Le groupe Midi Atlantique concentre ses activités dans les domaines de la plomberie, du sanitaire, du chauffage, de la climatisation et de la ventilation. Il intervient aussi bien dans la construction de logements neufs que dans la réhabilitation de logements anciens, ainsi que sur des bâtiments tertiaires, des résidences séniors et étudiantes.

Les techniques nouvelles et les énergies renouvelables sont au cœur de notre métier et de notre développement.

Au quotidien, nous mobilisons l’ensemble de nos moyens humains, techniques et matériels pour répondre efficacement aux besoins des chantiers. Le groupe dispose notamment d’un atelier de préfabrication et d’un dépôt de stockage et de conditionnement, nous permettant d’anticiper les phases de travaux, de sécuriser les approvisionnements et d’améliorer la performance globale des projets. Cette expertise en génie climatique nous permet de gagner et de conserver la confiance des maîtres d’ouvrage, architectes et maîtres d’œuvre.

Mon parcours professionnel s’inscrit pleinement dans cette logique de technicité et de performance. J’ai suivi 9 années de formation en apprentissage, du CAP jusqu’à la licence professionnelle chargé d’affaires en thermique du bâtiment, ce qui m’a permis d’acquérir des bases solides, à la fois théoriques et pratiques.

J’ai ensuite travaillé 5 ans chez SPIE Génie Climatique, en passant du bureau d’études d’exécution au suivi d’affaires, principalement sur des chantiers tertiaires. Souhaitant ensuite évoluer dans une structure de type PME, j’ai rejoint l’entreprise Crusson, une PME d’une cinquantaine de salariés basée sur la presqu’île guérandaise, où j’ai exercé pendant 5 ans comme conducteur de travaux sur des projets de logement collectifs et tertiaire.

Enfin, en 2017, à la recherche d’un nouveau challenge entrepreneurial, j’ai intégré le groupe Midi Atlantique pour créer et développer la filiale nantaise Ouest Atlantique Energies. Aujourd’hui, nous sommes cinq co-actionnaires, engagés autour d’un projet commun : concevoir et réaliser des installations performantes, durables et adaptées aux exigences actuelles, notamment celles des bâtiments passifs et passivhaus.

Pour quelles raisons avez-vous choisi de développer le standard passif ?  


Le choix de développer le standard passif repose avant tout sur une conviction éthique. La consommation énergétique des bâtiments est aujourd’hui un enjeu majeur, tant pour préserver les ressources que pour réduire l’impact environnemental, qu’il s’agisse des énergies fossiles ou renouvelables.

Concrètement, un bâtiment passif permet de réduire jusqu’à 80 à 90 % les besoins de chauffage par rapport à un bâtiment traditionnel. Le standard passif fixe notamment un seuil de 15 kWh/m²/an pour le chauffage, contre environ 100 à 150 kWh/m²/an pour un bâtiment ancien. Cette performance repose sur une conception globale : enveloppe très performante, étanchéité à l’air, ventilation maîtrisée et équipements optimisés.

Au-delà des chiffres, le passif répond aussi à une logique de sobriété énergétique durable : consommer moins avant de produire mieux. Dans un contexte de tension sur les ressources et de hausse des coûts de l’énergie, il s’agit d’une réponse concrète, responsable et tournée vers l’avenir, qui apporte également un fort confort thermique aux occupants.

En tant qu’acteur du génie climatique, il nous semblait naturel de nous engager dans cette démarche, en cohérence avec les valeurs du groupe Midi Atlantique et notre volonté d’anticiper les standards de construction de demain.

Selon vous quelles sont les compétences/connaissances incontournables pour réaliser dans les règles de l’art un projet de construction/rénovation passive ?


La réussite d’un projet passif repose avant tout sur une maîtrise technique globale, bien au-delà d’un seul corps d’état. Il est indispensable de connaître et de maîtriser les DTU de plusieurs lots (gros œuvre, isolation, étanchéité, ventilation, chauffage…), car la performance finale dépend de la cohérence de l’ensemble.

Un point clé concerne l’enveloppe du bâtiment. La qualité de l’isolation, le choix des matériaux, leur mise en œuvre, ainsi que la maîtrise de l’étanchéité à l’air, sont déterminants. Dans un bâtiment passif, ce sont ces éléments qui conditionnent directement les besoins énergétiques et le confort des occupants.

Enfin, une fois les besoins fortement réduits, il est essentiel de sélectionner des systèmes énergétiques adaptés au projet : production d’eau chaude sanitaire, chauffage d’appoint, ventilation performante, voire photovoltaïque. L’objectif n’est pas de suréquiper, mais de trouver le meilleur compromis entre performance, sobriété énergétique et retour sur investissement, tout en garantissant une consommation minimale.

C’est cette approche globale, technique et pragmatique, qui permet de réaliser des projets passifs dans les règles de l’art et durables dans le temps.

Nous sommes en train de traverser une crise qui touche le prix des matières premières, comment faites-vous face à cette situation ? 

Le secteur du bâtiment est effectivement fortement impacté par la hausse des prix des matières premières. Dans ce contexte, notre priorité est de maintenir le niveau de qualité et de performance de nos réalisations, en particulier sur les projets répondant aux standards Passivhaus et aux exigences des bâtiments à haute performance énergétique.

Pour y parvenir, nous avons renforcé notre anticipation des approvisionnements. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos fabricants et fournisseurs afin de sécuriser les matériaux techniques indispensables aux projets basse consommation. Cette anticipation nous permet à la fois de garantir la disponibilité des produits et d’optimiser les conditions d’achat.

Nous appliquons également une gestion très rigoureuse des ressources sur chaque chantier. La planification précise des besoins, la limitation des pertes et l’optimisation de l’utilisation des matériaux performants sont essentielles pour maîtriser les coûts sans compromettre la qualité d’exécution.

Parallèlement, nous menons une veille technique permanente sur les matériaux et les solutions constructives. Lorsque cela est pertinent, nous proposons des alternatives performantes et durables, compatibles avec les exigences du passif, tout en restant économiquement cohérentes.

Enfin, la transparence et l’accompagnement des clients sont fondamentaux. Nous expliquons clairement les enjeux liés au contexte actuel et travaillons avec eux pour identifier les meilleures solutions, en garantissant le maintien des performances énergétiques, thermiques et environnementales des projets.

Grâce à cette approche globale, nous continuons à livrer des réalisations fiables, durables et conformes aux standards les plus exigeants, malgré un environnement économique particulièrement tendu.

A l’heure actuelle, pensez-vous que le passif soit la solution pour rendre la construction plus soutenable et pourquoi ? 

Oui, absolument. Le standard passif représente une solution essentielle pour rendre la construction plus soutenable, car il agit directement sur l’un des principaux leviers d’impact environnemental : la consommation énergétique des bâtiments.

Des études comparatives montrent que les bâtiments conçus selon le standard Passivhaus peuvent réduire jusqu’à environ 50 % à 60 % la consommation énergétique totale par rapport à des constructions conventionnelles similaires. Ces chiffres démontrent que même au delà du chauffage, l’approche passive optimise l’ensemble des besoins énergétiques du bâtiment.

Ce niveau de performance est d’autant plus pertinent que le secteur du bâtiment représente environ 40 % de la consommation d’énergie totale au sein de l’Union européenne, ainsi qu’une part majeure des émissions de gaz à effet de serre. Réduire significativement la consommation énergétique des logements et bâtiments tertiaires est donc un levier indispensable pour atteindre les objectifs nationaux et européens de sobriété et de neutralité carbone à horizon 2050.

Par ailleurs, intégrer des matériaux biosourcés et locaux dans ces constructions permet d’aller encore plus loin en termes d’impact environnemental, car cela diminue les émissions liées à la production et au transport des matériaux, tout en améliorant la qualité de l’air intérieur, le confort et la durabilité globale des bâtiments.

Au delà de la performance énergétique, le passif propose une approche systémique : efficacité maximale de l’enveloppe, étanchéité à l’air, ventilation optimisée et utilisation raisonnée des énergies renouvelables. C’est cette combinaison qui fait du standard passif un outil puissant pour une construction durable, cohérente avec les objectifs de transition énergétique actuels.
 
Pourriez-vous partager un moment mémorable ou une réalisation dont vous êtes particulièrement fier dans votre parcours professionnel ? Expliquez votre choix 


Un des moments dont je suis particulièrement fier est sans doute la réalisation de la résidence Avenir à Nantes. Ce projet représentait un challenge important pour Ouest Atlantique Énergies, qui n’avait alors que trois ans d’activité sur le secteur nantais.

Nous avons décidé de contractualiser cette opération pour des raisons à la fois éthiques et stratégiques : il s’agissait de démontrer notre capacité à gérer des projets complexes, tout en respectant les standards de qualité et de performance attendus par le maître d’ouvrage.

Ce chantier a été un véritable projet de référence pour nous à Nantes. Il a mobilisé notre bureau d’études interne, ainsi que nos équipes qualifiées en production locale, pour concevoir et réaliser l’ensemble des travaux dans le strict respect du cahier des charges.

La réussite de ce projet a non seulement confirmé la fiabilité et la technicité de notre filiale, mais elle a également renforcé notre crédibilité auprès des maîtres d’ouvrage, architectes et partenaires, tout en donnant une visibilité stratégique à notre savoir-faire sur le territoire nantais. C’est pour ces raisons que ce projet reste un moment fort de mon parcours.

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