Propassif : actualités formation et labellisation bâtiments passifs

29 avril 2026

28ème conférence internationale Passivhaus

L'Édito, 
En avril, quand les jours s’allongent et que les températures deviennent plus douces, les bâtiments passifs continuent de démontrer toute leur efficacité. 


L'Édito, 
En avril, quand les jours s’allongent et que les températures deviennent plus douces, les bâtiments passifs continuent de démontrer toute leur efficacité. Grâce aux standards développés par le Passivhaus Institut, ils maintiennent un confort thermique optimal sans surconsommation d’énergie.

Résumé de la 28ème conférence internationale Passivhaus à Essen 

Chaque année ou presque voit au printemps le retour de la Conférence Internationale Passivhaus et cela depuis 28 éditions. C’est l’occasion de voir les nouveaux projets récemment certifiés dans l’année ainsi que les études des projets à venir, même si les projets terminés et monitorés ont toujours la préférence des organisateurs.  

28th International Passive House Conference 2026

Plus de 80 conférences différentes sur 2 journées en trois salles de conférence en parallèle, ce qui est difficile à suivre pour un seul homme, mais désormais les conférences sont accessibles après la conférence (liens payants), pour un visionnage plus facile. Propassif y présentait la rénovation du TOTEM de l’innovation à St Brieuc et son ACV sur Inies.  

https://univention.passiv.de/nextcloud/s/28iphc-programme-booklet

Comme souvent la conférence est l’occasion de différentes animations, centrées autour de l’efficacité thermique de l’enveloppe. Les plénières sont le lieu d’expression d’experts locaux et internationaux venant de Rhénanie du nord- Westphalie ou d’Autriche. Beaucoup ont insisté sur l’importance de la prise en compte de l’énergie grise des bâtiments 

Il y a toujours l’exposition des fabricants de solutions adaptées au Passivhaus. SWEGON proposait une « première » : la présentation de sa machine « Cube » qui est censée redéfinir l’intégration en toiture. Aeroseal présentait une méthode innovante pour réaliser l’étanchéité à l’air et Proclima ses solutions toujours plus efficaces pour réaliser l’étanchéité à l’air avec des films pare-vapeur.  

CUBE | www.swegon.com

Accueil | pro clima France : https://fr.proclima.com/

Aeroseal Canada - Technologie d'étanchéité à l'air pour conduits et enveloppes https://aeroseal.com/canada-francais/

Cette édition était aussi l’occasion de fêter les 30 d’existence du Passive House Institut, le moment de refaire le chemin en sens inverse et d’écouter le Prof Wolfgang Feist expliquer les raisons des débuts des « Maisons Passives » avec Bo Adamson en Chine, imposées par la réglementation chinoise ! Etonnant non ? 

Enfin cette 28ème Passive House Conference a été le lieu de la remise du « Component Award » remis à plusieurs fabricants. Cela sera l’occasion pour l’iPHA de revenir sur ces nominations à l’occasion d’un séminaire la semaine prochaine le 6 Mai :  

https://tickets.passivehouse.com/PHI/component-award/

La prochaine et 29ème conférence aura lieu le 2 et 3 avril 2027 à Innsbruck en Autriche à l’université d’Innsbruck


Crèche "Taissy'chou" de Taissy / Marne

Le projet de crèche de Taissy répond à une ambition claire de la commune qui est de créer un bâtiment à la fois performant sur le plan environnemental et agréable à vivre au quotidien. Implanté en cœur d’îlot dans un environnement résidentiel très végétalisé, le projet s’insère avec soin dans son environnement en préservant les usages existants et en valorisant les continuités paysagères. Son positionnement au nord de la parcelle permet de maintenir les espaces de jeux et d’offrir une relation directe avec la nature. 

Le bâtiment a été conçu selon des principes bioclimatiques simples et efficaces. Sa forme compacte, son orientation vers le sud et la qualité de son enveloppe permettent de limiter fortement les besoins en énergie. La structure en bois, associée à une isolation en matériaux biosourcés comme la ouate de cellulose, assure un bon confort thermique et une ambiance saine. La ventilation double flux garantit une qualité d’air constante, tandis que la dalle en béton apporte de l’inertie pour améliorer le confort en toute saison. Le projet intègre également une gestion des eaux pluviales au plus près du sol et privilégie des matériaux durables et locaux.  

L’organisation du bâtiment a été pensée pour être simple, lisible et adaptée aux usages. Les espaces s’organisent autour d’un lieu central ouvert et lumineux qui distribue les différentes fonctions. Les unités de vie des enfants sont orientées vers les espaces extérieurs et bénéficient de vues et de lumière naturelle. Les espaces administratifs et techniques sont clairement identifiés afin de faciliter le fonctionnement au quotidien et le respect des règles sanitaires. L’ensemble du projet vise à offrir un cadre rassurant, confortable et stimulant pour les enfants comme pour les adultes. L’architecture reste volontairement sobre et s’intègre naturellement dans son environnement. Cette crèche se veut exemplaire, à la fois dans sa conception et dans son usage, en proposant un lieu durable, pédagogique et agréable à vivre. 
  

Le portrait du mois
Aujourd'hui, c'est Vincent DELSINNE qui répond à nos questions.

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Je suis architecte DPLG et concepteur certifié Passivhaus depuis 2014, et j’ai fondé mon agence depuis plus de vingt ans à Lille dans le nord de la France.

Au départ, j’avais une pratique assez classique de l’architecture. Et puis un projet m’a fait basculer : une première maison passive. Là, ça a été un véritable déclic — il a fallu que je me forme sérieusement, que je remette en question beaucoup d’éléments dans ma manière de concevoir.

Aujourd’hui, l’agence travaille aussi bien sur des maisons individuelles que sur des équipements publics et privés, toujours avec cette exigence de performance énergétique. Mais au fond, ce que je revendique surtout, c’est une approche globale : l’architecte ne dessine pas juste un projet, il en garantit la cohérence, du premier trait jusqu’au chantier.

Pour quelles raisons avez-vous choisi de développer le standard passif ?  


Ce qui m’a convaincu, c’est le bon sens. Le secteur du bâtiment consomme énormément d’énergie, donc soit on continue comme avant, soit on change vraiment de méthode.

Le passif oblige à réfléchir dès le départ : orientation, compacité, apports solaires, détails… On ne peut plus se permettre de “corriger” après avec de la technique.

Et ça, en tant qu’architecte, c’est passionnant. Parce que ça remet la conception au centre du jeu.


Selon vous quelles sont les compétences/connaissances incontournables pour réaliser dans les règles de l’art un projet de construction/rénovation passive ?


Faire du passif, ce n’est pas juste “mettre plus d’isolant”.

Il faut une vraie maîtrise sur plusieurs sujets en même temps :

• Comprendre le climat et concevoir en fonction du site

• Maîtriser la physique du bâtiment (isolation, étanchéité à l’air, ponts thermiques…)

• Savoir intégrer des systèmes simples mais performants

• Et surtout, être très rigoureux

Mais s’il y a une chose essentielle, c’est l’anticipation.

Dans un projet passif, on ne peut pas improviser. Chaque détail compte. Et ça veut dire aussi accompagner les entreprises, expliquer, convaincre… On est vraiment dans un travail d’équipe.

Nous sommes en train de traverser une crise qui touche le prix des matières premières, comment faites-vous face à cette situation ? 


On la subit tous, clairement.

Ma réponse, ce n’est pas de compenser par plus de technique ou des solutions complexes. Au contraire : je reviens à des projets plus simples, plus compacts, plus intelligents.

Le passif aide beaucoup là-dessus, parce qu’on investit dans l’enveloppe plutôt que dans des équipements coûteux.

Et puis, ça pousse à faire des choix plus cohérents : matériaux locaux quand c’est possible, optimisation des quantités…, chercher une certaine frugalité.

Finalement, cette crise nous oblige à faire mieux avec moins — et ce n’est pas forcément une mauvaise chose.

A l’heure actuelle, pensez-vous que le passif soit la solution pour rendre la construction plus soutenable et pourquoi ? 

Oui, mais je dirais que ce n’est pas la solution miracle — c’est plutôt une très bonne base.

Ce que le passif apporte, c’est une exigence. Une manière de concevoir qui réduit fortement les consommations et améliore le confort.

Mais surtout, ça change l’état d’esprit. On arrête de bricoler, on construit de manière réfléchie et durable.

Donc oui, pour moi, c’est une réponse pertinente… à condition de ne pas le voir comme un simple label, mais comme une vraie démarche.


Pourriez-vous partager un moment mémorable ou une réalisation dont vous êtes particulièrement fier dans votre parcours professionnel ? Expliquez votre choix 


Je reviens toujours à ma première maison passive, réalisée avant de passer la formation CEPH.

Parce que c’était un saut dans l’inconnu, avec un maitre d’ouvrage qui m’a fait confiance. 

Beaucoup de doutes, beaucoup d’apprentissage, la rencontre de professionnels… et finalement, un résultat assez incroyable : une maison capable de tenir une température confortable en plein hiver sans chauffage classique.

Ce projet m’a vraiment fait basculer. C’est là que j’ai compris que ce n’était pas une utopie, mais quelque chose de concret, reproductible — même dans le nord.

Et depuis, je garde ça en tête à chaque projet : si on conçoit bien dès le départ, on peut faire énormément, avec finalement assez peu de moyens techniques.

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