Propassif : actualités formation et labellisation bâtiments passifs

14 octobre 2020

La rénovation partie 2 EnerPHit

EnerPHit a été présenté dans la première partie de la série dédiée à la rénovation, on reprend ses principales caractéristiques, pour ceux qui avaient manqué la première partie : voir ici

Dans cette seconde partie, on s’attachera à préciser le concept EnerPHIt, qui comme on l’a vu a été créé fin 2015 en ce qui concerne le « EnerPHit Classique » et concrètement début 2016, avec l’arrivée du PHPP 9 en français et de la partie à énergie renouvelable « Ep-R » pour le « EnerPHit Plus » et « EnerPHit Premium »



Les constructions neuves ne peuvent -par principe- pas recevoir le certificat EnerPHit : il est réservé aux bâtiments dont la rénovation ne peut atteindre le standard du neuf pour des raisons liées aux caractéristiques du bâtiment, voire à la substance du bâti qui rendrait la rénovation impossible ou non rentable (argument qui peut être mis en avant pour justifier le rénovation EnerPHit). Contrairement à ce qui était demandé dans les versions précédentes de la rénovation passive où il fallait justifier qu’une partie de la dalle du mur et du toit était conservée, il n’y est plus fait mention ici. Reste qu’il faut justifier de la rénovation d’un bâtiment, pour éviter de perdre le CO2 stocké dans les murs anciens et pour réduire la propension actuelle à des « destruction-reconstruction » qui sont tout le contraire d’une démarche visant à réduire l’empreinte carbone des bâtiments

Si plus de 25% des murs extérieurs du bâtiment sont isolés par l’intérieur, la description EnerPHit+i (exposant « +i ») sera utilisée : (logo en version allemande ci-dessous)



Le standard EnerPHit peut être atteint en r

espectant les critères énergétiques décrits dans le tableau_1, ci-dessous, ou de manière alternative en respectant les critères de la méthode de composants décrits dans le tableau_2. Seuls les critères de l’une de ces méthodes doivent être remplis.

Il est intéressant de se pencher sur les critères énergétiques dans un premier temps : ce sont eux qui ont déterminé par la suite la méthode par composants.


Les critères énergétiques sont décrits dans le tableau_1 :



* fonction du lieu et du fichier météo

X= (Qc-15 kWh/(m²a)) • 1.2 + Qr-Qr,PH

Y= (Qc-Qc,PH) + (Qr- Qr,PH) • 0,5

Il faut ici expliquer en dessous ce que veut dire Qc, Qc,PH,Qr etc. 

Ce qui frappe tout d’abord, est que la rénovation passive (autrement appelée « EnerPHit ») est calquée sur un schéma très similaire au passif dans le neuf :

-          Le besoin de chauffage est limité à une valeur cible de 25 kWh/m2/a (variable sur le territoire national). [au lieu de 15, en neuf]

-          L’énergie primaire « non renouvelable » est limitée à une valeur cible de 120 kWh/m2/a augmenté d’un facteur « X », majoration prenant en compte les besoins de chauffage/rafraîchissement supplémentaires [au lieu de 120, en neuf]

-          De manière semblable, dans le cas de la limite « Ep-R » (qui fera l’objet d’un article à part, tant la notion est scientifiquement correcte, mais compliquée à comprendre) on part sur les limites du neuf complétés par la majoration « Y » .

 

Variation géographique des critères :

Pour le chauffage : dépendant du lieu

A Lille ou Lyon, le besoin de chauffage est sans surprise limité à 25 kWh/(m2.a)

En revanche à Rennes ou Montpellier, la valeur cible n’est plus que de 20 kWh/(m2.a)

Cette lecture se fait dans la feuille « Vérification » du PHPP, une fois la station météo renseignée

Pour les consommations en Ep ou Ep-R : dépendant du lieu et du projet

De manière identique, la limite du critère en EP (ou en Ep-R) varie en fonction du lieu, mais aussi en fonction des grandeurs « X » ou « Y », qui elles dépendent du besoin de chauffage et de refroidissement du projet réduit de la valeur cible du label Qc,PH et Qr,PH. 

Cela peut faire monter la valeur limite, un peu au-dessus de 120 kWh/(m2.a) pour l’Ep et de manière similaire au-dessus de 60 kWh/(m2.a) pour l’Ep-R.

Le point positif est que tout cela est calculé automatiquement par le PHPP et est présenté dans la feuille « Vérification »

Exemple d’un projet en cours d’optimisation :





Ici, on a choisi le fichier météo de Lyon, donc la valeur limite pour le besoin de chauffage est de 25 kWh/(m2.a). Avec un besoin de chauffage de 41 kWh/(m2.a), on ne respecte pas le critère, ce qui explique le « non » dans la case de droite. Le test d’infiltrométrie doit être inférieur à 1,0 et comme il n’a pas encore été fait la case est vide. Obtenir moins de 1,0 même en rénovation n’est pas du tout impossible, c’est ce que montrent les projets certifiés. On envisage une production d’électricité renouvelable sur site (qui n’a pas encore été évaluée case vide), c’est ce qui explique le travail en Ep-R (plutôt qu’en Ep : les deux options sont disponibles pendant une « période de transition », commencée en 2016, mais dont aucune fin n’a jamais été fixée par le PHI). On voit ici que la valeur à ne pas dépasser sur le projet est de 89 kWh/(m2.a) pour atteindre le niveau Passif Classique.

Pour atteindre le niveau « EnerPHit Plus », il faudra assurer une production de 60 kWh/(m2emprise au sol.an) ainsi qu’une consommation en Ep-R réduite autour de de 45 kWh/(m2.a)

Pour atteindre le niveau « EnerPHit Plus », il faudra assurer une production de 120 kWh/(m2emprise au sol.an) ainsi qu’une consommation en Ep-R réduite autour de de 30 kWh/(m2.a)

Pour plus d’explication sur les abréviations utilisées et les critères du Passif/EnerPHit voir ici


 La méthode par composants :

Est directement inspirée des critères de la méthode énergétique, mais se veut plus simple pour les professionnels du bâtiment en leur permettant d’obtenir la certification « EnerPHit » en choisissant intelligemment leurs composants les plus importants, c’est-à-dire :

-          L’isolation des murs

-          L’isolation de la dalle de sol

-          Des menuiseries et des vitrages

-          De la ventilation

Ceux-ci se trouvent dans le tableau_2.


Les critères de la méthode par composants / tableau_2 :



La grande nouveauté de ces critères est qu’ils ne dépendent plus de la station météo, mais sont fixés selon la zone climatique. La France, se trouve partagée entre le « climat tempéré frais » au Nord et le « climat tempéré » au Sud. Le choix de composants certifiés passifs par le PHI, simplifie grandement la conception selon ce concept « par composant ». Le point surprenant est de pouvoir être certifié par composant, alors que le projet dépasse largement selon les « critères énergétiques » présentés plus haut. (Avantage potentiel également).

Ainsi on a fait le tour de la rénovation « EnerPHit ». La rénovation reste un exercice plus difficile que la construction neuve qui implique un savoir-faire maîtrisé. En effet elle peut si l’on n’y prête pas attention, renforcer les tensions thermiques dans le bâti et conduire à des dégâts fatals. C’est pour cela que le PHI a défini le Plan de rénovation par étapes (PRE) pour guider les maîtres d’ouvrage dans leurs travaux de rénovation (objet d’un prochain article).



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